AFRIQUE: Le « Collectif-France-Jeunes » de Surf au Sahara

Le stage d’hiver du Collectif France Jeunes s’est déroulé à Dakhla, au Sahara occidental (Maroc), tout au long du mois de février. Plus d’une vingtaine des meilleurs surfeurs français se sont entraînés. Une vingtaine de surfeurs et une demi-douzaine de techniciens ont ainsi travaillé durant trois semaines sur les beach breaks et les point breaks de la station balnéaire du Sahara occidental.

Reportage FFS / ESTV – 1 Mars 2016 –

 

Après l’Australie (2008-2013) et l’Afrique du Sud (2014 et 2015), la Fédération Française de Surf avait retenu le Maroc et plus précisément Dakhla, à 1500 km au sud de Casablanca, pour le désormais traditionnel stage hivernal. Une vingtaine de surfeurs et une demi-douzaine de techniciens ont ainsi travaillé durant trois semaines sur les beach breaks et les point breaks de la station balnéaire du Sahara occidental. Plus connue des véliplanchistes et des kitesurfeurs, Dakhla s’est révélée être un très bon terrain d’entraînement pour le Collectif France Jeunes.
« L’idée du stage d’hiver est une initiative de Patrick Florès, l’entraîneur national, rappelle Stéphane Corbinien, le directeur des équipes de France et responsable de ce stage 2016. C’est une revue d’effectif des espoirs du surf français qui varie selon les années et les échéances internationales. Cette année, l’idée était d’avoir des jeunes : minimes et cadets, en vue de préparer les championnats du monde juniors (septembre aux Açores) et d’Europe juniors (décembre au Maroc). »
Beach breaks et point break interminables
Pour la neuvième année consécutive, le stage d’hiver se déroule en février. Après le stage d’été dans les Landes, six mois plus tôt, la DTN resserre l’effectif pour le stage hivernal. A cette période, le surf est compliqué en métropole. « Pour faire de la répétition et avoir une charge entraînement conséquente, c’est mieux de partir à l’étranger pour trouver de meilleures températures », note Corbinien.
Sans oublier deux facteurs essentiels : des vagues de qualité et peu de monde à l’eau. « A Dakhla, on a donc trouvé des beach breaks aléatoires et plusieurs point breaks avec des vagues très longues, détaille Corbinien. Ça nous a permis d’être dans la répétition, de travailler en combinaisons de manoeuvres, de faire sauter des verrous chez les surfeurs. »
Au terme des trois semaines de stage, chaque surfer est rentré chez lui avec un bagage davantage rempli et des instructions pour la saison 2016 et les échéances continentales et mondiales à venir.

Le stage dans le détail

Durant trois semaines, les quelque 20 surfeurs du Collectif France Jeunes ont été rythmés par des journées types « assez proches des semaines vécues lors des Euro ou des Mondiaux en terme d’intensité physiques, de préparation mentale. » Réveil musculaire, petit déjeuner, surf, débriefing, déjeuner en commun, sieste, surf, temps scolaire, stretching, dîner en commun, coucher. Cette année, à l’initiative de Stéphane Corbinien, les surfeurs ont été initié à l’imagerie.
Et, comme signalé plus avant, le temps scolaire a particulièrement été mis en priorité. Christa Véteau, élue au comité directeur de la FFS et enseignante, s’en est occupé sur place. « Cette priorité d’avoir la capacité à gérer le double projet de nos sportifs est très important », souligne Stéphane Corbinien.

Avec des entraîneurs breton, guadeloupéen et martiniquais

Pour que la méthode appliquée au très haut niveau en Equipe de France soit également présentée et intégrée dans les structures d’entraînement et d’accès au haut niveau de la fédération, à savoir les Pôles espoirs, il est primordial pour tous de travailler dans le même sens. Cette année, l’idée était d’amener un collectif d’entraîneurs « pour échanger sur les attendus du très haut niveau » explique le directeur des équipes de France. Pour qu’ils puissent mettre en place des séances avec leurs surfeurs, qui correspondent aux attendus des équipes de France pour les Euro et Mondiaux. Pour que tous ces jeunes aient des repères communs. » Ainsi, les méthodes d’entraînements, les routines, sont communes afin que les athlètes soient dans un formatage pour s’exprimer pleinement une fois en équipe de France. « Il y a eu beaucoup d’échanges et une bonne mise en commun des expériences des uns et des autres », se félicite Stéphane Corbinien.

L’école de surf à la Française

L’école de surf à la française, initiée par Patrick Florès (absent cette année en raison de l ‘ ouverture des plages et des sports de surf à La Réunion), est une méthode d’entraînement avec ses codes pour les surfeurs et le staff. « Au fil des ans, on est de plus en plus soudés, on à des habitudes de travail, de mises en place qui fonctionnent », assure Stéphane Corbinien. L’idée est d’avancer avec ce collectif, de profiter des performances des surfeurs qui sont passés par ces stages, qui ont ouvert le chemin.
Nos juniors ont pris des titres européens et mondiaux individuels, la France s’inscrit dans une continuité puisqu’elle est championne d’Europe en titre et double vice-championne du monde en titre devant des nations comme l’Australie, Hawaii, le Brésil. « On se nourrit du travail des années précédentes pour faire avancer le nouveau groupe. Nos jeunes ont en ligne de mire les performances de leurs aînés », explique Stéphane Corbinien.

Fabien Sibille (entraîneur du Pôle espoirs Guadeloupe)

« J’ai été invité sur ce stage car je suis l’entraîneur et le responsable technique du pôle Espoir de Guadeloupe. Les résultats des Guadeloupéens sont très bons en ce moment, avec une génération dorée, sélectionné e en équipes de France. La Fédération Française de Surf m’a convié (avec également Florian Talouarn, entraîneur du pôle Espoir Bretagne et Jeremy Brasset, responsable technique en Martinique, ndlr) pour que je puisse accompagner nos jeunes présents au Maroc mais aussi pour me per mettre d’avoir d ‘ avantage de bases dans le coaching. C’est très positif car j’ai rencontré de s jeunes que je ne connaissais pas; ce qui m’a permis de travailler avec d’autres personnes. Ça a été une très bonne émulation, dans une très bonne ambiance. C’était vraiment très instructif. Il y a eu beaucoup d’échanges avec le staff aussi. Je suis arrivé à tâtons, j’ai observé. Mais j’ai aussi pu transmettre mon point de vue. Ce stage me permet d’étoffer mes connaissances sur le physique avec Pitou Gaillard (le préparateur physique des équipes de France, ndlr) et techniques avec Stéphane Corbinien et Nicolas Berthé. Que je connais bien car il vient régulièrement nous épauler en Guadeloupe. On harmonise nos routines pour que nos jeunes aient un suivi régulier. C’est ça, le surf à la française ! »

Pitou Gaillard (préparateur physique des équipes de France)

« On a découvert un nouveau site de stage après l’Australie et l’Afrique du Sud. Ce qui voulait dire : de nouvelles habitudes à prendre ! Mais ça s’est bien passé. Mon boulot ? M’assurer qu’il n’y ai pas de blessure, donc anticiper les éventuels bobos. Mais pas que. e travaille aussi sur les phases techniques, le réveil musculaire, le stretching… Cette année, on a également mis une phase spécifique reposant sur l’imagerie avec Stéphane Corbinien. Je suis content d’avoir retrouvé des jeunes et d’en avoir découvert d’autres, qui ont beaucoup de potentiel, et l’amour du surf. J’ai découvert des petits nouveaux, ça fait plaisir. Notre but est que ceux qui arriveront en équipe de France arrivent avec une base commune. Ça ira plus vite si tout le monde, coachs et athlètes, parlent la même langue. Ces stages nous permettent d’enlever le stress éventuel que l’on peut avoir en arrivant en équipe de France. Si nos athlètes ont déjà baigné dans ces routines, c’est du stress en moins en compétition. »

 

Le groupe

Les surfeurs
Allamelou Louis (La Réunion)
Auptel Issam (Guadeloupe)
Auptel Nell (Guadeloupe)
Becret Justin (Landes)
Blouin Erwan (Gironde)
Bouchgua Teva (Gironde)
Buffet Aurélien (Finistère)
Carrique Tiago (Pays basque)
Conradi Hina (Vendée) Conradi Youri (Vendée)
Crozon Mathis (La Réunion)
Debierre Thomas (Guadeloupe)
Desmoucelle Lucas (Guadeloupe)
God Kilian (Landes) Joly Uhaina (Pays basque)
Laborde Maël (Martinique)
Lartigue Neis (Pays basque)
Lédée Noé (St Barthélémy)
Lédée Thomas (St Barthélémy)
Le staff
Corbinien Stéphane
Berthé Nicolas
Gaillard Pitou
Sibille Fabien
Brasset Jérémy
Véteau Christa
Tallouarn Florian

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